lundi


"If only I were less sane. I could write poems the size of cathedrals!" (Don DeLillo)

samedi

Carte Postale



MOMBASA

Les Tusks de l'avenue Moi
se chantent d'une voix grave.
La voix du trou du cul du Monde
Frottant une bite d'amarrage.

mardi

Condamnés à la Confiance




Le monde est une boite noire. Tout les processus qui s’y déroulent peuvent être compris comme des inputs qui subissent une transformation dans cette boite pour en ressortir sous forme d’outputs, différents. Ainsi, des arbres peuvent être transformés en table. Ainsi, des idées peuvent être transformées en système philosophique.

L’éducation a pour objectif de rendre explicite le fonctionnement de cette boite noire, de la rendre, justement, moins noire. On apprend par exemple le processus qui démarre de la coupe d’un arbre pour arriver au produit fini qu’est une table, via la scierie et la menuiserie. A un niveau de sophistication supérieure, l’éducation peut élucider les processus d’abstraction et d’imagination nécessaires à la production d’un système philosophique viable.

Du fait de la prodigieuse complexification du monde ces dernières années, l’éducation n’est plus a même d’expliciter le fonctionnement de la boite noire. La boite s’opacifie et au mieux n’a-t-on qu’une idée parcellaire du fonctionnement de quelques processus. Qui peut expliquer le fonctionnement de son smart phone ? Comment une pression tactile (input) devient au final un message lisible par l’interlocuteur (output) ?

Cette opacification de la boite noire nous plonge dans une société dans laquelle nous sommes condamnés à la confiance. Prenons un exemple trivial : suite à l’entretien de votre auto, le garagiste vous annonce qu’il a changé le filtre de votre air conditionné. Vous lui affirmez que c’était inutile, car vous n’utilisez jamais l’air conditionné. Il réplique que cela n’a rien à voir, c’est un filtre pour l’aération en général. Il vous propose de vous montrer le filtre qui a été changé et vous pourrez constater par vous-même la nécessité de le changer. Que faire à ce moment si ce n’est faire confiance au garagiste. Vous n’avez jamais vu ce type de filtre auparavant. Il pourrait être blanc, gris, noir, parfaitement lisse ou fait de peluche, dans n’importe quel cas, vous seriez incapable de déterminer s’il était nécessaire de le changer ou non.

L’éducation est donc dépassée par la complexité du monde dans lequel nous vivons. Nous devons toujours nous reposer sur un expert (un garagiste), déclaré tel par d’autres experts (la marque qui l’a formé et a délivré son diplôme), pour utiliser les artefacts du monde. Ainsi, sommes-nous à tout moment dépendant des autres et condamnés à leur faire confiance.

dimanche

Emerger en 2013



 (Psychose, 2013, 2012)


J’efface ma tête. Je suis l’Autre, une association d’idées improbable. Des yeux collés au Carnaval me donnent une soudaine fascination pour la langue de Goethe. Elle scelle hermétisme et poésie dans un Dichtung und Warheit.

Je rejoins Jay W. à bord des cendres de la peur. Nous accostons une ville brute et antique accompagnés du légionnaire suisse. Il arrime les horreurs du large aux bites d’occultes grandes gueules.  Elles crachent des rats gros comme le bras. Et hurlent de superbes travestis au cul rebondi.

Et les bars et les pintes et les rues crasseuses. Battre le pavé, hésiter et finir par échouer à bander. Et bras dessus bras dessous en bourrades bourrées. Et nous infligeons une correction au Pleurard M. Rilke. Le monde se taira inéluctablement. Sa mâchoire reprendra conscience sur un carrelage couvert d’urine. Les dents mêlées à la porcelaine brisée d’un évier.

Nous le prendrons par la main. Lui pardonnerons. Et nous lui montrerons das letzte Blockhaus der Welt, perdu au bord de la Mer Suprême. Couvert de graffitis. Des poèmes lapidaires. Au réveil du réveillon, la langue dans un sable humide, je lui ferai arrêter de boire. Pour écrire. Plus. Lire. Plus. Arrêter de boire. Et recommencer à fumer.

vendredi

De vent devant



Sur les bords d'un Gange anxieux
Je me répands
En un chant soufflé de vent
Devant, devant

dimanche

Saint-Emilion



Trop d’événements riment en une seule journée. Ce souffle court qui en rappelle un autre. Jusqu’à ce moment, il donnait des couleurs à l’oisiveté aride à coup de rouge. Lui donnait du relief à coup de bulles. Et de la perspective dans la fumée. Entre deux bouffées, elle lui avoue qu’elle compte chacune de ses cigarettes. Comme autant de moment qu’ils ne partageront plus.  Le couple éternel – angoisse thématique et schémas culpabilisants. Sa propre mort et l'impuissance de la spectatrice. Pourquoi ne cesses-tu pas, tout simplement ? Le simple est l’erreur des génies (il essaie de gagner du temps et récite) “Je crois qu’un jours on s’égare et que ça ne s’arrête jamais.” (il prend une gorgée et bafouille d’aise) “Tout est blablabla, tout est volé. Il n’y a personne à appeler.” Il hésite. Entre deux gorgées, la nausée. Il croit dit-il. C’est ma façon, lui avoue-t-il pour lui-même, ma façon lâche de te quitter. Je tâche, méthodiquement, de nous séparer. Subrepticement. Une larme coule de l’oeil. Il s’en détourne à distance. A bout du bout incandescent. Un homme grimace en terrasse. Trop loin pour qu’elle soit entendue. Hors-contexte, il renvoie au monde.  L’anime. L’anima. L’animal. L’animalité. Une cascade domino nous a précocement enseigné le déterminisme. Une conversation de singes nous renvoie à une conversation de singes nous renvoie aux conversations des singes. Et soudain la conscience de la multitude. Et de notre ridicule. Tout est dérobé ? Elle pleure. Il est déjà loin.

Ochtendongeval


Le fracas métallique du tram m’a réveillé. J’ai pensé : “Je veux être moi-même, mais en Italie” et j’ouvre les yeux sur cette Rome vaincue par les barbares. Je me suis réveillée et les marches ont craqué sur le chemin du café. Je me suis levé et je n’ai pas reconnu la place au miroir. Où l’ancien sourit de confiance au moderne. Je suis levée un bonnet sur un sourire. Je sens dans le vent l’odeur du pain, du beurre, du pain au beurre. Je lui ai dit : “J’aime ta chemise”. Il a grimacé de sympathie. Je lui ai rendu sa sale face. Et je me suis reconnu. Les gants qui serrent de froid le bonheur. Des coups de pédales sur l’euphorie d’un matin muet d’hiver. Je me suis levé et j’étais incapable de nouer ma cravate. Filer sur le caoutchouc. Etre une brise sur l’avenue, courir en tête de peloton, le nez tendu vers l’amour. Je boutonne mon col. Je pense à ces Grandes Choses. Le fracas métallique du tram m’a réveillée. Je suis un boyau pris dans les rails. Je suis le tram fracassant. Je suis un bonnet de terreur, perdue dans les boyaux. Je suis un aurevoir. Le fracas métallique du tram l’a réveillé. L’aube est brutale.

Minimalisme






Respire.






Titre original : Poème-minimaliste-dans-lequel-il-y-plus-de-mots-dans-le-titre-que-dans-le-texte-lui-même-comme-ça-ça-fait-genre-très-japonais.

Les murs de nos tombes auront des dents.

Composé par un certain Boudi, réarrangé par mes soins.

Nous cherchons les mots de la poésie dans les lèvres des filles, mais suspendus au plafond, nous ne voyons pas les beautés qui sortent des buissons. Tu dis : “J’ai déplié la forêt sur les pierres ! Je ne suis pas un lierre qui monte au mur, mais le murmure dessous l’attente ! La nuit n’est qu’un tablier pour cuisinière de province où nous essuyons notre fin de vivre ! Quand je respire la nuit, je crois être le songe d’un fantôme…

Le plaisir se retire dans sa peau d’ombre.

Les ganglions de tes lèvres ont gorgé mon cou d'un baiser. J’ai séduit ton oeil, mais me furent confisquées mes paupières. Déplions-nous sur la terre comme au ciel ! Je suis empli de ces choses qui mentent aux ombres pour s'agrandir. J'espère ne pas m'étrangler contre les colliers menteurs du songe.

Mon cœur est anodin.
Le poème le partage.

vendredi

Coup de poker en hiver



Une renaissance ?

Il y a ces jeunes filles, évoluant souplement sous la pluie, qui changent la donne de nos vies. La détermination de leurs talons-aiguilles éclate au passage la piste étoilée du pavé. Sous une capuche, leur visage impassible masque d’indifférence l'imagination. Nul ne perçoit le sourire en coin, signe d’une bonne main. Leur stratégie est un arc-en-ciel vers leur destination. Coeur excitation ; Pique appréhension. La constance de l’esprit, c’est la mort de l’âme, se disent-elles.

Comme un nickel brillant sur le tapis vert, elles se prêtent au jeu. Libèrent leurs cheveux. Montrent le dessous de leurs cartes dans le reflet d’une vodka. Dévoilent des doubles paires dans le brouillard d’une dizaine de Camels.

Les vêtements glissent sur la patinoire d’un corps hivernal. Nombreux tours de table érotiques. Mendicité des corps. Vagabondage du coeur.

Ici est le caveau
des attentes
déçues.
L’absurde caisse en bois
résonne du silence des vaines envies.
Sincères condoléances.

La liberté devient encor désir de prison. Un vieux coup de Sioux. Le check-raise des amants.

Au lendemain d’un sommeil froid comme le marbre sépulcre, je ferai à nouveau disparaître les vieilles bouteilles, l’odeur des cendres amères.

Un dernier souffle.

lundi

Free Download en Full HD !


















Des filles russes veulent parler avec vous !
Des études ont démontré que les
FILLES RUSSES
Préferaient le SEX avec des occidentaux !
Ici ! Ici. Frilles usses !
FREE Asses
Asses to ashes

Ou peut-être ou peut-être
Une SEX-TAPE ?
De DSK, de Dominique Strauss-Khan
En anal
Brutal
Avec une MILF chearleader ASIAN
FREE ? Free !

Ca vous excite, vous, une cheerleader ?
Vous êtes le millionème visiteur !
WIN ! WIN ! WIN !
Du Cash
$$$$$$
CRASH !

ou un FREE Access à
Des TORRENT's de cumshots
Des screenshots de headshots
En Irak, en Afghanistan,
En Lybie ? Au Liban ?
€€€€€€

Qui fait, que fait l'actualité ?
LIVE ! UNLIMITED !
Pictures of Oussama bin Laden
DEAD
Mutilated

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Et Chat
Et Chatte
Chatte Roulette
FR€€ : sodomisation
Chopper un virus
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- voilà, trendyleodium, si avec ça je n'explose pas mes stats de visites, c'est que je ne comprends plus rien à la société dans laquelle je vis ;) -

mercredi

Vivre modérément vite, mourir modérément jeune et faire un cadavre modérément beau.

mardi

Da Da Da














C'est en faisant quelques recherches sur la
Neue Deutsche Welle que je suis tombé sur ce clip. Dès les premières notes (qui sont aussi les dernières et le corps même de cette chanson au rythme compulsif), j'ai retrouvé les sensations de ce que j'identifie à présent comme mon souvenir le plus ancien.

Même si cette mélodie répétitive ne m'avait jamais vraiment quitté, je ne me suis rendu compte qu'aujourd'hui que ce clip datait de 1982. Je n'avais alors que trois ans. Pourtant, je vois encore le visage de ma mère, de mes tantes et d'autres membres de ma famille qui m'encourageaient à répéter "
Da Da Da !" encore et encore. Je ne parlais pas encore un français correct, mais mon premier amour musical était un refrain en allemand du groupe TRIO : "Ich Lieb Dich Nicht Du Liebst Mich Nicht". Paroles qu'encore aujourd'hui, je suis incapable de prononcer. Je me vois même poser comme le chanteur, raide, mais souriant de répéter "Da Da Da !", pour le plus grand bonheur de mon public adulte d'alors. Et heureux de les rendre heureux, je répétais encore et encore "Da Da Da !".

Ma
Madeleine de Proust est une chanson allemande minimaliste, basée sur une mélodie composée sur un synthétiseur Casio VL-1 bon marché.

jeudi

Liberté
Par où aller maintenant
Refuser tout courrier
Prendre l'ascenseur en pleurant

dimanche

Cartes Postales














BRUGES

L’incendie sur le Pier

Fait danser les navires

Mais du haut du Béfroid

On ne voit que les chutes

Probables.


AMSTERDAM

D’Amsterdam, je n’ai vu que le port.

Jacques avait raison, les marins y chantent.

J’en ai profité pour faire valser la Flandre.


CAP BRETON

L'océan déferle comme des portées 4/4

Avance à mesures carrées

Au Penon, j'écoute les blanches de l'écume

Humide et défait dans ma combinaison 3/2

Et j’imagine les filles du pays

Dansant le Vertebreak

En l'honneur des surfeurs noyés

Le dos brisé

Par le short break.


LIEGE

Noyer la mort

Dans l'ivresse et l'insomnie.

mercredi

Correspondance VII : dernières nouvelles

Hey !

Ton mail tombe à pic et ce, à au moins deux points de vue.

Premièrement, je me fais chier comme un rat mort en ce moment. C’est la dernière semaine, donc plus d’activité digne d’intérêt et glandage forcé en attendant la fin. Aujourd’hui, par exemple, j’ai passé toute la matinée à préparer mon coffre et le matériel à remettre. Occupation qui n’aurait pas dû prendre plus de deux heures, mais que j’ai volontairement fait traîner histoire de remplir du temps. Puis l’après-midi, j’ai regardé le film Thirteen (passable, mais pas digne d’être critiqué), j’ai mollement lu, bu du machiato, re-lu mollement et siesté un peu. Si je m’étais laissé aller, j’aurais repassé mes vêtements pour la deuxième fois… mais faut pas pousser.


Deuxièmement, je n’osais te relancer. Comme c’était le silence radio suite à ton dernier mail annonçant que tu allais présenter ta défonce (sic), je craignais que cela ce soit mal passé et n’avais pas trop envie d’aller jeter du sel sur une plaie oculaire.

Cela dit, je comprends bien que tu eusses ( ?) besoin d’un repos bien mérité après les efforts intenses des dernières semaines.


Du coup, je n’ai même pas pris la peine de te souhaiter un joyeux anniversaire en date utile. Voilà qui est fait.


Bon. Je retiens de ton brol qu’ils ont noté des améliorations substantielles et que ça devrait aller. Gardons ça à l’esprit pour l’instant. Quand reçois-tu les résultats ? Si c’est suffisamment tardif, je pense qu’on pourra lancer une soirée intitulée What Do A Freshly Graduated Historian And Freshly Back Executive Have In Common? La réponse étant une sacrée volonté de se mettre minable, évidemment.


Pour pas écrire deux fois la même chose, mais pour te raconter tout de même mes aventures, je te transmets en fin de mail et en exclusivité intersidérale le prochain post de mon blog, intitulé Скопжэ (Skopje and all that could have been). En vrai, il a été écrit sur un rouleau de papier Scotex dans une chambre dépouillée d’une installation de l'Organisation à Petroveć (Macédoine). Les coupons molletonnés seront bientôt encadrés et affichés sur le mur de mes toilettes (ndla : c'est fait !). Spoiler Alert : à la fin, je ne baise pas.

Le fait est, je ne pense pas t’en avoir parlé plus tôt, que j’ai dû me priver de blog durant toute la période. En effet, le Senior Executive, qui est aussi responsable de la communication externe, a exigé de tout le personnel qu’il lui fournisse les adresses de blog, de profil sur des sites de socialisation, etc. pour pouvoir effectuer un coup de sonde de temps à autre afin de s’assurer que personne ne mentionne des données confidentielles et/ou ternisse l’image de l'Organisation par ses propos, photos and so on.

Comme j’avais pas trop envie que mon entourage professionnel prenne connaissance de mes élucubrations (ne pas passer pour l’énergumène louche de service demande parfois des sacrifices, eh oui), je n’ai pas mentionné l’existence de mon blog. J’ai juste signalé que j’étais inscrit sur MySpace, mais comme il n’a pas pensé à le demander, je ne lui ai pas fourni mon pseudo. Je doute qu’il soit tombé dessus (mais au cas où, paranoïa oblige, j’ai tout de même temporairement effacé toute trace du blog et du roman sur ma page MySpace). Et pour être sûr de ne pas être tracé - paranoïa, je te dis - je n'ai pas mis les claviers sur Blogspot de toute la période... enfin, si, une fois, je ne tenais plus, j'ai voulu voir s'il n'y avait pas de nouveau commentaires, sait-on jamais. Il n'y en avais pas, évidemment... et j'ai immédiatement effacé toute trace de mon forfait en supprimant les cookies, l'historique, les temporary files, etc.

Là-dessus, à très bientôt,

dimanche

Ris doucement de moi














Errer dans Bruxelles.
Y défier le lion des rues.
Un ricanement dans les tympans.
Au milieu des arbres, des bancs et des zombies joggant,

Je mélange
Tout

Cinq hommes alignés devant une spécialité.
Sujets des moqueries.
Et chaque jour cette bague qui manque à leur doigt.
Ris doucement de moi.
Au restaurant,

Je mélange
Tout

Admettre qu’on vit dans une bourgade insignifiante.
A peine vivante.
Notre patelin n’est pas assez violent !
Pas assez de cette saine hostilité.
Assez de ce ricanement !
Dans la foule des navetteurs pressés,

Je mélange
Tout

Sans miroir, le regard de l’autre vous parle enfin de tout son poids.
Ecrase-moi.
Ris doucement de moi.
Hier, c’était peut-être ma chemise de traviole.
Aujourd’hui, probablement une tache de sauce sur mon col.
Demain sans doute un écoulement de sperme à l’entre-jambe.
Sur la Grand-Place bondée,

Je mélange
Tout

Errer dans Bruxelles.
Y chasser les souvenirs comme on chasse le fauve.
Les tuer !
Ris-tu encore doucement de moi ?
Les abattre chaque fois qu’ils tentent de se jeter à votre gorge.
Ris tu encore ?
Tirer une dernière fois.
Ris-tu ?
Dans la jungle,

Je mélange
Tout

jeudi

La vie dans les bois














On a tous rêvé d’un Walden. Je me souviens avoir découvert mon premier vers 11 ans. C’était une petite vallée encaissée, avec un ruisseau en son fond, à trois coups de pédale de chez moi. Je m'y étais arrêté pour boire, au détour d’une randonnée en VTT. Le vent dans les feuillages, le chant des oiseaux, l'absence de toute trace humaine (oui, je sais, tout ça est un peu neuneu) m'ont amené à faire mes plans. Il y aurait de l’eau fraîche toute l’année, j'apprendrais à chasser et je me construirais une cabane avec les arbres de cette petite forêt.
Par la suite, j’ai souvent recherché cet endroit, par pure nostalgie, mais jamais je ne l’ai retrouvé.

Walden est le nom de l’étang à côté duquel Henry David Thoreau a vécu pendant deux ans, deux mois, deux jours. Le récit que Thoreau fait de cette expérience est un véritable manuel du retour à la nature. Il décrit très précisément le matériel sommaire dont il dispose, la façon dont il travaille la terre, chasse et pêche pour subsister. Son aventure est à la fois une critique du monde occidental du XIXème siècle et un hymne épicurien à la nature, aux saisons, aux plantes et aux animaux. Ces choses qui sont pour lui “l’envers de ce qui est au-dedans de nous”.

Cette idée d’une vie au sein de la nature ne m’a jamais vraiment quitté, mais par paresse purement citadine, post-moderne et occidentale, je me suis souvent convaincu qu’une telle vie n’était pas possible au XXIème siècle. Cela reste un fantasme au fond de mon esprit, tout comme son radical opposé qui serait de gagner à l’euromillion est de vivre de mes rentes.

Mon rêve d’enfant est remonté à la surface aujourd’hui par une de ces mystérieuses connexions neuro-nodales qui éclatent soudainement dans notre cerveau. Je crois que c’est l’installation récente d’un groupe de squatteurs dans mon quartier qui m’a fait réfléchir aux modes alternatifs de vie, aux modes de vie en dehors de circuits vulgaires de la consommation frénétique et dépendante.
Cependant, j’ai tendance à penser que ces squatteurs restent dans l’erreur. Même s’ils proclament l’auto-gestion, ils restent dépendants de l’argent sur un point essentiel à leur survie : la nourriture. D’une façon ou d’une autre, ils doivent gagner (trouver, mendier) de l’argent pour s’acheter de quoi manger et boire.
Une preuve de l’impossibilité d’une vie autonome ?

Un groupe d’anarchistes/communistes – ils ne se définissent par très bien eux-mêmes – a fait parler de lui par la publication d’un pamphlet sulfureux qui leur a été attribué. Ces neuf de Tarnac squattaient auparavant à Paris, mais peut-être se sont-ils rendu compte des dépendances et des limitations à leur liberté qu’occasionnait l’emprisonnement dans une métropole. Ils ont donc choisi de s'installer à Tarnac, un petit village rural du Limousin. Ils y vivent en Commune et travaillent la terre pour survenir à leurs besoins. Pas mal comme retour à la nature, mais l’indépendance ne semble pas encore totale. En effet, ils tiennent deux bars dans le village, ce qui semble démontrer une fois de plus qu’une rentrée de devise, sous la forme d’un travail, est inévitable pour survivre au XXIème siècle.

Et pourtant.

Le témoignage de Dolly Freed raconte comment elle et son père ont vécu avec 700$ par an (autant dire rien) sur un terrain d’un demi-hectare à une soixantaine de kilomètres au nord de Philadelphie et ce, en maintenant les apparences de la classe moyenne. Tout comme Thoreau, elle explique, étape par étape, comment mener à bien ce projet. Élever des lapins et des poulets dans une cave, attraper des pigeons avec des pièges à rats, distiller son propre alcool, régler les questions de logement, de transport, de santé, de législation,… Tout cela devient possible sans pour autant passer pour un hippie, un anarchiste ou un illuminé.

Quelle excuse me reste-t-il maintenant ? Si ce n’est le confort de vivre comme un gitan de droite…
Pourquoi ne pas retourner à la nature et vivre comme les bêtes que nous sommes ?

mercredi

Correspondances VI : sémio-sexo-cinémo-webo et autres mots














Hey ! (ouais, je signe ici l’arrêt de l’escalade de l’élégance, j’imagine que j’aurais de toute façon fini par perdre, si ce n'est pas ce que j'admets précisément à l’instant… merde – cela dit, cher confrère, tu sais comme je suis toujours eager des projets inutiles qui ne sont jamais menés à leur terme et propose de nommer notre société la Procrastinationnale. Greffier ! Veuillez prendre note !).


Quelques précisions sémiologiques tout d’abord. Comme toute société, l'Organisation à sa culture d’entreprise, marquée entre autre par un vocabulaire qui lui est propre. En tant que grande entité, elle est même composée de micro-cultures spécifiques à chaque division exécutive (OpsDiv, FinDiv, PersDiv, etc.), chaque service, chaque bureau et jusqu’au niveau le plus bas (parfois, dans tous les sens du terme) : l'équipe, composée d’une petite dizaine d’hommes.

Ainsi donc, chez les OpsDiv, une cale désigne une chambre dans laquelle on branle l’ours (glander) faute de s’y tramer(dormir). On ne mange pas au self-service, mais au salad-bar.

Je n’ai donc pas été mis aux fers à fond de cale (ce qui, j’imagine, se comprend mieux chez les PersDiv) pour une quelconque rébellion, mes seules fautes étant culturelles, justement, et non corporatistes, lorsque, par exemple, j’écoute Bréval en faisant du sport plutôt qu’une compilation des derniers attentats de Guetta, Sinclar et autres Black Eyed Peas ou encore du meilleur du best of du Cherry Moon, période 96-décembre 99 quand la bonnasse de Waremme avait fait son strip show sur le podium principal.


Et justement, en parlant de culture corporatiste et de nivellement par le bas – si si, j’ai indirectement évoqué ça dans le paragraphe précédant -, je crois que je vais rédiger un essai qui devrait s’intituler De l’avantage sexuel des brutes en milieu international.

J’ai pu remarquer, au bar, l’aisance que certains avaient à lancer des boutades aux jolies serveuses et à récolter en gratification des rires cristallins et des sourires aussi appuyés qu’érectiles.

Me suis dit, ah ! elles ont l’air assez open, finalement, moi aussi je veux du contact libidinal !

Sans doute, mais ça ne se fait pas n’importe comment.

Chacune de mes tentatives s’est soldée par un rire gêné et j’ai donc du retourner dans ma cale pour méditer sur ces cuisants échecs.

En voici la raison : je parle trop bien le français pour une interlocutrice dont le français se limite à :


- Bonjour, un maccchiato, s’il te plait (parce que oui, la brute tutoie les serveuses et appelle les serveurs Chef)


- Un euro s’il vous plaît.


- Voilà.


- Merci.


Donc, lors de mes expériences misérables, la tournure inutilement alambiquée de mes phrases la contraignait à faire montre de son ignorance et à répondre Quoi ? une première fois, une seconde et d’enfin sourire de mal aise pour se soustraire à cette situation embarrassante.

La brute ne se fatigue pas à réfléchir à ce qu’il va dire. Il n’en est pas capable, par définition. Il lance un Toi, femme beau cul (bon, j’exagère juste un peu, je suis frustré) et elle en rit. Elle en rit parce qu’elle comprend et qu’une communication est alors possible.

Diantre.

Chié.


J’ai terminé les Cerfs-volants de Kaboul. Si c’est la guimauve qui te faisait peur, tu peux franchement y aller, on n’est pas du tout là-dedans. Certes, il y a du sentimentalisme, c’était inévitable, mais c’est tellement bien amené que ce n’est pas écœurant. Au contraire.

Peut-être que le fait que je connaisse un peu – juste un tout petit peu – l’Afghanistan et sa situation a aidé à une lecture passionnée du roman. Il y a des endroits que j’ai vu de mes propres yeux, des toponymes que je peux au moins replacer sur une carte et même des noms de personnes qui jouent encore aujourd’hui un rôle dans le pays. Tout ça rendait le récit particulièrement vivant, évidemment.

Je crois que ça m’a fait du bien aussi personnellement de pouvoir nuancer un peu l’Afghanistan et sortir des schémas imposés par mon métier, mais également par la lecture de l’actualité.

Sur ce dernier point, je crois que ça ferait du bien à tout le monde d’en apprendre plus sur Kaboul et sa vie avant 1975.

Donc, hop hop hop, tu sais ce qu’il te reste à faire.


De la même façon que, quand je suis tombé sur la collection de DVD de nos G.O., je n’avais pas pu résister à la tentation de revoir Ex-Drummer, j’ai également succombé à l’appel d’un quatrième visionnage de Der Directøren for det Hele.

Je te rassure Le Direktør ne fait pas partie du Dogme. A vrai dire, seul Les Idiots est un film de Lärs von Trier qui satisfait à ces préceptes. Contrairement à ce que l’on pense souvent, Festen n’est pas de ce dernier, mais de Thomas Vinterberg, mais je ne t’apprends peut-être rien.

Le Direktør est une comédie et elle a ceci de magistral qu’au plus que tu la vois, au mieux qu’elle te fait rire. Vraiment. Il faut simplement passer un peu au-dessus de la mise en scène parfois déroutante. En effet, le réalisateur a laissé à un ordinateur le soin de choisir les prises de vues, les cadrages et les prises de son.

L’histoire est celle de Ravn, un patron qui fait semblant d’être un simple employé de sa propre boite parce qu’il a un besoin maladif d’être aimé des gens. Pour ne pas être la cible du mécontentement lorsqu’il doit prendre des décisions impopulaires, il a inventé de toutes pièces un boss (le Directoren for det hele) qui vivrait aux Etats-Unis et dirigerait l’entreprise à distance, passant par Ravn pour faire des communications.

Avide de profits, Ravn veut vendre sa société, privant ses partenaires de leurs dividendes, de leurs droits sur un brevet important et leur faisant perdre leur emploi par la même occasion.

Malheureusement, l’acheteur veut rencontrer le Directeur. Ravn fait alors appel à Kristoffer, un acteur au chômage, fan d’un certain Antonio Stavro Gambini, véritable prototype du loser, pour incarner le Boss.

Les maladresses de Kristoffer et les besoins affectifs de Ravn conduiront à d’inévitables catastrophes et situations cocasses.

A voir absolument, mec.

Hop hop hop.


Merci d’avoir attiré mon attention sur un phénomène internet que je ne connaissais pas encore (ouais, désolé, à mon avis je dois avoir 13 de niveau de geekitude) : les Lolcats. Bon, je ne vis pas mieux, je ne suis pas plus heureux ni plus intelligent depuis que j’en ai appris là-dessus, mais mes recherches m’ont amené à découvrir d’autres mèmes virtuels que je ne connaissais pas (ainsi qu’à enfin comprendre ce qu’est un mème), mais aussi à tomber sur une source de demotivational posters.

Merci donc.


By the way, comme je n’avais pas répondu à cette question, je crois, je ne sais toujours pas ce qu’est un Torrent. Oui, j’ai honte (13 points, j'te dis).


J’ai terminé la lecture de ton mémoire. Bon, je te mentirais si je te disais qu’il m’a passionné jusqu’au bout – mais j’imagine que ce n’est pas une surprise – mais il a tout de même été plein d’enseignements partagés dans des mails précédents.

C’est pour quand la défense ?


cu,


Piacoa.


PIENO

lundi

Non non non, mes mains ne sont pas tombées


à Carne











Mes mains palpaient l'Océan
s'y enfuissaient profondément

Aujourd'hui l'inévitable dépression
du soleil sans

le bruit des vagues
du soleil sans

la réverbération
du soleil sans

écume extatique

Du soleil
Sang dont ne voudraient les moustiques

Du soleil
S'emmerde le poète

Le beau temps ne vaut rien
Si l'on y vit pas l'euphorie